Journal des Vitrines des magasins - store windows, shop windows

Rencontre avec Stéphanie Moisan dans Côté Paris

2 décembre 2011

dans Divers

Article paru dans le numéro 18 « Jours de fête»  de Côté Paris – Décembre 2011 – Janvier 2012

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« Vitrines théâtres des rues» 

Elles accrochent notre regard, elles attisent nos envies, les vitrines exercent sur nous un réel pouvoir magnétique. Tableaux vivants, installations artistiques, plate-formes culturelles, démonstrations technologiques…Le genre est en plein renouveau. Rencontre avec quatre explorateurs de ce nouvel espace de création et d’expression.

Frédéric Bodenes, directeur adjoint marketing et image du Bon Marché, Leïla Menchari, directrice de la décoration chez Hermès, Stéphanie Moisan, scénographe-blogueuse et Christian Ghion, designer.

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Stéphanie Moisan Scénographe-blogueuse
« Comme un déclencheur d’envies» 

C’est une valeur montante de la blogosphère. Le succès de son Journal des vitrines, créé en 2006, lui vaut des interviews dans la presse étrangère. Stéphanie Moisan est trentenaire, scénographe professionnelle de vitrines, et toujours aussi fascinée par ce qu’elle appelle ses « carrés de lumière» .

Comment est né Le Journal des Vitrines ?
Je l’ai d’abord créé pour moi, car je me suis aperçue du manque de documentation dans ce domaine. On ne revoit jamais les vitrines après leur démontage. Ce sont des installations éphémères par essence. Je sillonne Paris la nuit pour les photographier, et en concerver leur trace.

Comment choississez-vous celles que vous photographiez ?
Je ne montre que mes coups de cœur, des choses que j’aurais aimées créer. Il faut que le « stopping power»  soit fort.

Le « stopping power»  ?
C’est un terme pour initiés…Littéralement, cela signifie le pouvoir de faire s’arrêter le passant, celui d’émerveiller, de provoquer le désir. Et éventuellement de déclencher l’envie d’entrer dans le magasin !

Y’a-t-il des recettes pour une vitrine réussie ?
Avec de l’imagination, on peut toujours raconter une histoire qui transporte…Bien sûr les budgets ont une influence, mais on peut surprendre avec très peu de moyens. Je me souviens de vitrines du Printemps sur le thème du recyclage, avec des sculptures en capsules de bouteilles en plastique. Magnifique ! Il faut aussi qu’une vitrine se voie de loin, pour donner envie de traverser la rue. Les lumières sont fondamentales et doivent êtres orientées aux endroits stratégiques, comme au théâtre.

Avez-vous adopté un style ?
J’aime l’épure, l’évocation, les jeux de lignes, les grands aplats de couleurs et les découpages. je mets toujours le produits en vedette. Pour cela il faut inscrire l’histoire que l’on raconte dans l’identité d’une marque. Dans mes vitrines Lalique, il y a des clins d’œil aux années 1930; pour John Lobb, j’ai créé des arbres stylisés dont les feuilles sont des échantillons de cuir, ceux que les clients peuvent choisir pour leur commande.

Pourquoi les vitrines parisiennes deviennent-elles si ambitieuses ?
Il faut relativiser. Même dans les quartiers stratégiques, il y a encore beaucoup d’enseignes qui mettent en vitrine de simples silhouettes. Mais il y a effectivement une montée en puissance du genre. Même les « petites»  marques créent une histoire avec un scénario, des personnages, pour faire entrer le passant dans leur univers. C’est une nécessité si l’on veut réagir à l’avolution des ventes sur Internet.

Le succès de votre blog prouve qu’il existe un véritable intérêt pour les vitrines…
L’œil des passnts est de plus en plus affûté. Les magazines, les expositions, les passerelles entre la mode et l’art l’ont sensibilisé. Les vitrines n’échappent pas à la mondialisation. Une vitrine parisienne s’adresse à des spectateurs de tous les continents. Les maisons de luxe ont des enseignes partout dans le monde. De Paris à Pékin, il faut trouver un langage universel pour capter l’attention.

Existe-t-il des filières spécifiques ?
Ce serait dommage de trop théoriser. Ce qui est intéressant dans les vitrines d’aujourd’hui, c’est justement qu’il y a pas de formation particulière. Du coup, des regards différents se posent sur elles: des stylistes, des architectes, des artistes, des cinéastes…David Lynch a créé des vitrines pour les Galeries Lafayette ; le Crazy Horse a donné un mini-spectacle dans les vitrines du Printemps Lingerie ; on a vu récemment une vitrine vidéo interactive chez Repetto ; une autre à regarder en 3D, avec des lunettes distribuées aux passants, chez Citadium. La tendance va de plus en plus vers l’événementiel.

par Axelle Corty.

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Pacheco Aurélie 19/05/12 à 11h09

Merci,

merci pour ce blog, c’est une source d’inspiration pour mon travail, je le consulte régulièrement,
continuez!!

Aurélie, 35 ans en reconversion pro, étalagiste dans le centre.

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